V.W & Moi

Me & Virginia Woolf

Me & Virginia Woolf

Derrière le blog Virginia Stephen Woolf, il y a une ancienne étudiante en philosophie, formée en khâgne littéraire à Versailles. Rousseauiste, kantienne mais aussi machiavélienne à ses heures perdues. Disciple de Montaigne (surtout en ce qui s’agit de l’oisiveté), de Spinoza  et de  John Rawls (oui, un contemporain enfin histoire de ne pas paraître trop has-been).

 

Virginia Woolf (1882-1941)

Virginia Woolf (1888-1941)

Mais derrière, tous ces hommes, il y a une femme qui a changé ma façon de voir le monde, de le sentir surtout. C’est Virginia Woolf une auteur à la fois connue et méconnue, mystérieuse et simple. Virginia Woolf est à la fois derrière et devant moi : derrière du fait de sa mort en 1941 et du gouffre qui sépare le monde qu’elle a connu et le nôtre ; devant vu que Virginia Woolf est comme un phare pour moi qui m’a toujours guidée d’une manière ou d’une autre dans ma vie intime mais aussi estudiantine désormais puisque mes recherches universitaires vont porter sur elle.

 

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Couverture par Vanessa Bell de To The Lighthouse

Pourquoi un phare et non un modèle ? Au-delà du clin d’œil à l’un de ses romans (To the Lighthouse ou La promenade au phare), je n’ai jamais adhéré ou du moins j’ai toujours été déçue par le schéma rigide du maître-élève, modèle-disciple qui pose sur un piédestal une personne vivante ou décédée sans aucune réciprocité ou égalité. C’est d’autant plus complexe lorsqu’il s’agit d’une figure du passé : en quoi mérite t-on de choisir quelqu’un comme modèle sans partager une certaine intimité avec elle, sans la connaitre et y être invitée ? C’est incroyablement gênant d’être le modèle de quelqu’un. Un phare est plus simple : ne pas se retourner vers le passé, aller de l’avant, suivre une route déjà tracée , une lumière verte comme Gatsby tout en étant incité à dépasser le premier phare pour en suivre un autre. Faire de Virginia Woolf un phare, c’est la rendre plus souple comme modèle et me sentir beaucoup plus libre. Je pense que Virginia aurait apprécié que je la considère comme un être de passage et non comme un point de stagnation dans l’Histoire.

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« I miss London », Virginia Woolf (Nicole Kidman, The Hours)

Connue. On ne peut pas penser le modernisme littéraire du XXe sans elle et ses techniques neuves d’appréhension de l’écriture comme l’emploi du stream-of-consciousness (flux de conscience, monologue intérieur) qui lui est commun avec d’autres grands noms comme James Joyce, William Faulkner, Henry James, Edouard Dujardin ou Louis Aragon en France. Et combien de films, comme The Hours (adapté  du roman de Cunningham ou l’adaptation d’Orlando avec Tilda Swinton), de pièces de théâtre (Une chambre à soi à Lyon en décembre prochain, Orlando ou Entre les actes en Picardie en septembre dernier) ou encore de séries comme cette année la saison 4 de Downton Abbey n’ont pas mis en avant Virginia Woolf et son oeuvre  ?

 

 

Méconnue. Mis à part les initiés, et surtout les amoureux de littérature anglo-saxonne, Virginia Woolf connait bien sûr une popularité exemplaire dans les médias ou dans les milieux intellectuels au point de faire l’objet d’un essai récent dans 7 femmes de Lydie Salvayre et de lectures radiophoniques des Vagues sur France Culture aux grands romans de Virginia Woolf sur France Inter dans l’émission « Ca peut pas faire de mal » de Guillaume Gallienne. Toutefois, combien de fois n’ai-je pas entendu en discutant de mon projet  de mémoire de M1 sur Virginia Woolf qu’on l’avait peu ou pas du tout lu ? C’est sûr que l’écriture de Virginia Woolf n’est pas souvent simple: elle fait partie de ces auteurs qui vous transportent au-delà des difficultés formelles de style, dans un univers souvent mélancolique. Mais j’aime l’idée qu’on ne puisse pas rester insensible à son oeuvre. For heureusement, Virginia Woolf fait paradoxalement l’objet d’une passion sans égale, comme si elle avait réussi à toucher des jeunes personnes (hommes et femmes) au point qu’elle ait pour eux une place à part.

 

 

Mystérieuse. Malheureusement, à cause ou grâce au goût actuel de certains pour le sensationnel, le scandale, le morbide et le fait-divers, on réduit souvent Virginia Woolf à une femme morose et dépressive et à son suicide le 28 avril 1941 dans la rivière Ouse (Sussex) où elle s’est noyée. C’est cette image très diaphane que retient le film The Hours qui, malgré l’extrême beauté du traitement de ce thème (et notamment de la lettre d’adieu à son époux Léonard), laisse de coté la simplicité de ce femme.
Orlando (Tilda Swinton)

Orlando (Tilda Swinton)

N’importe quel lecteur de Woolf ne peut pas passer à coté de l’humour qui traverse chacune de ses œuvres, même les plus dramatiques, et surtout Orlando, une parodie des romans historiques à la Walter Scott qui respire l’ironie et le goût du grotesque et du picaresque. Virginia Woolf reste vivante, d’autant plus que ses préoccupations et notamment son féminisme, sont de plus en plus actuelles; Elle est reconnue pour beaucoup comme une pionnière avant l’heure des gender studies et la littérature contemporaine lui doit beaucoup.
Je lui dois beaucoup, et ce blog en est le témoignage.
Virginia Woolf

Virginia Woolf (1928)

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